Poulette Books | C'est l'histoire d'une fille...

27 Juil 2012

Groupie or not Groupie [C’est l’histoire d’une fille]

Il fait beau, certaines sont sur un transat, d’autres dans le métro… mais on a toutes besoin de fantasmer un peu non ?

Quand j’ai écrit cette petite histoire j’ai pensé à un chanteur tout choupi que j’adore…

Saurez-vous deviner qui il est ?

 

Bonne lecture !

 

 

 

GROUPIE OR NOT GROUPIE ?

 

 

Où s’arrête la fascination pour un artiste ?

À quel moment une personne peut-elle être considérée de groupie ?

Le serons-nous tous un jour ou certains sont-ils programmés pour le devenir ?

 

Je me suis toujours demandé ce que cherchaient ces filles hystériques lançant de la lingerie à leur idole, hurlant leur prénom et s’évanouissant au moindre geste…

Qu’attendaient-elles ?

Qu’espéraient-elles ?

Un regard ? Un contact ?

 

J’ai toujours trouvé ridicules ces espoirs vains, ces tentatives d’approche, ces attentes interminables à la sortie d’un immeuble ou d’un restaurant… cette façon de reporter sur un inconnu un amour inconditionnel et de se persuader qu’il fait partie de leur vie et qu’il connaît leur existence…

Effectivement, j’ai toujours trouvé ce comportement ridicule…

Jusqu’au jour où…

 

J’ai alors 28 ans, un compagnon, un job, une vie bien lancée…

Nous sommes un samedi, j’allume ma télévision et, comme tous les samedis, me transforme en zappeuse compulsive, regardant d’un œil plus que distrait les images qui défilent.

 

Je tombe alors sur un regard bleu azur, un torse dénudé, un visage angélique et une voix tout aussi mystique.

Les dés sont jetés…

Les jours, les semaines et les mois qui vont suivre deviendront une succession de faits en lien avec ce moment.

 

Je commence par l’étape « soft » : achat d’un album.

C’est un démarrage peu brutal : pas de recherches sur Internet, pas de découpage de photos ou d’archive d’interviews.

Pourtant, mon estomac se contracte plus qu’à l’accoutumée lorsque je l’entends. Mon cœur bondit lorsque l’on prononce son nom.

Par une alchimie que je ne maîtrise pas, cet inconnu fait bel et bien partie de ma vie.

 

Vient ensuite la seconde étape, celle qui entraînera la dépendance et l’accoutumance : le concert.

Une salle parisienne, 1000 personnes, des journalistes, des musiciens… et pourtant je ne vois que Lui.

 

1 heure 30 de bonheur.

1 heure 30 d’intimité et de désir.

Ses mots me sont adressés, son regard ne voit que moi, ses sourires me sont destinés…

Je le sais, je le sens, c’est écrit.

 

Malgré ce que vous pouvez penser, cet homme ne m’est pas inconnu : il m’accompagne dans mes rêves, me suit dans mon quotidien et emplit mes moments de solitude par une tendresse qu’aucun autre n’avait égalée.

 

Jusqu’où aller à présent ?

Comment combler ce manque ?

Comment accepter l’idée d’en rester là ?

Suis-je prête à l’attendre à la sortie de sa loge ?

Suis-je assez forte pour affronter ces hordes déchaînées, ces gorilles surgonflés ?

 

C’est un réel contact qu’il me faut, une rencontre, un tête-à-tête, un moment à nous…

 

Usant de toute mon imagination, je rédige une lettre dans la langue de Shakespeare.

J’y mets mes espoirs de le rencontrer, mes raisons de le faire, mon admiration pour ce qu’il est.

J’y mets mes rêves, ma conviction et mon amour.

 

Et alors que je viens de la poster, mon esprit s’emballe et se lance dans une divagation digne d’Hollywood…

 

 

Une descente d’avion, un aéroport londonien, une pancarte avec mon prénom et une limousine blanche…

Mon scénario se crée et se développe naturellement comme une évidence de ce qui pourrait être mon futur proche.

 

Une salle de concert, en plein après-midi, un groupe répétant les morceaux du soir, quelques photographes pour l’occasion, et Lui…

 

Ce moment se dessine dans mon esprit.

Je ferme les yeux et me transporte dans ce monde parallèle, ce monde où les rêves deviennent réalité et où rien n’est impossible.

Il me salue distraitement de la main, prend sa guitare et se joint au groupe.

Les accords se fondent en une mélodie apprise par cœur, un hymne à l’amour…

«You’re beautiful »

Je l’imagine me parlant, mais son regard reste figé vers le fond de la salle.

 

Il a été prévenu de ma visite par son attachée de presse.

Je ne suis pas sensée lui parler, ni même l’approcher.

Prétextant l’écriture d’un roman concernant la fascination des jeunes filles pour les pop-stars, j’ai reçu un badge permettant d’entrer dans la salle de répétition.

 

Ce badge m’aura coûté des appels de relance vers le Royaume-Uni, des mails et courriers interminables, au manager, à l’attachée de presse, à la maison de disque, au fan club…

Mais tout cela n’est rien comparé à l’excitation et à l’émotion que je ressens.

 

Il est là, devant moi, à une vingtaine de mètres.

Aurais-je l’audace de lui parler, de l’aborder… ?

 

Les morceaux s’enchaînent…

Je le dévore des yeux et suis incapable de réfléchir.

Je devrais pourtant mettre en place une tactique d’approche, mais je suis là, seule et immobile au milieu de la salle.

 

Les musiciens lui sourient et lui parlent.

Ils semblent seuls au monde sur cette scène, occultant ce qui les entoure et vivant pleinement leur passion.

Visiblement je n’ai pas ma place dans ce tableau.

 

Je décide de jouer mon rôle d’écrivain.

Je sors mon bloc note et m’atèle à décrire l’environnement, la salle, les gens…

 

Alors que je tente de faire un croquis pour garder en mémoire le moindre détail de cette journée, la musique cesse.

 

Face à ce silence soudain et inhabituel, je lève les yeux et constate, dépitée, qu’il a quitté la scène.

Ses musiciens s’apprêtent à faire de même. Ils débranchent leurs guitares et descendent dans la salle.

 

Ils me regardent curieusement, se demandant sans doute qui m’a permis d’entrer.

Je les vois chuchoter et sourire tout en me regardant.

Ils peuvent toujours chuchoter, je ne comprends pas un seul mot : j’ai toujours été nulle en anglais.

 

Et puis leur regard change et quelqu’un leur lance « Please, stop it ! »

Je me retourne et me retrouve face à Lui.

À quelques mètres, il est là, souriant, décontracté, une bouteille d’eau à la main.

« You are French, aren’t you ? »

 

Je bégaye un pauvre « Yes »

Quelle idiote je fais !

Pourquoi ne pas avoir suivi les cours de lycée assidûment ?

 

Il sourit encore…

Je crois d’ailleurs qu’il ne fait que sourire.

Au fond de moi, je sais qu’il se moque de mon accent.

 

« French accent is so nice… »

 

Là, c’est moi qui sourit.

Je m’en sors pas trop mal, j’ai tout compris !!

 

Il fait un signe de la tête désignant le bar et me montre sa bouteille d’eau.

J’acquiesce et lui demande quelques secondes, le temps de retrouver mon sac.

 

Je m’avance vers Lui mal à l’aise mais tellement fière.

Il est tendre, beau, avec un regard sublime… (mais c’est vrai qu’il est excessivement petit…)

 

Il tend la main vers mon cou…

Je me fige sur place.

Son regard se pose sur mon décolleté.

 

Je le trouve très direct, mais ne compte pas l’arrêter dans sa lancée…

Je ferme légèrement les yeux, espérant un baiser furtif.

 

Il montre mon décolleté du doigt et me demande « Can I ? »

Je baisse le regard et constate qu’il tente de lire l’écran de mon iPod resté suspendu autour de mon cou.

 

Je lui souris poliment, rougissant à ma bêtise.

Quelle idée absurde !!

 

Il place un écouteur sur son oreille et se dirige vers le bar.

Je le suis silencieusement, en espérant qu’il ne tombera pas sur mes chansons de midinette.

 

J’ai 1000 morceaux, et plusieurs sélections.

Avec un peu de chance il tombera sur des Oasis, Placebo, Pixies, Prince ou les Black Eyed Peas, voire même sur ses propres morceaux.

J’espère juste qu’il évitera Abba ou Julio Iglesias…

Il manipule la molette rapidement et me regarde en souriant.

Il reste quelques instants à écouter ma sélection.

 

J’attends sa réaction comme un écolier devant son bulletin de notes.

Que va-t-il penser ?

 

Il éteint le lecteur et me le tend.

« Very fine and very interesting !! »

 

Il a l’air ravi.

Ouf, c’est un poids en moins : il apprécie mes goûts musicaux.

 

Je range mon iPod en jetant un œil furtif sur l’écran.

Misère ! Je l’avais oublié celle-là !!

Capitaine Flamme… il est tombé sur Capitaine Flamme !!!

Quelle poisse…

 

Bon, là, définitivement, je suis grillée.

 

Nous passons un moment au bar.

Il est entouré de son staff et discute allègrement.

Je comprends un mot sur deux, mais ne peux en aucun cas participer à la conversation.

 

Je me mets un peu à l’écart et sirote tranquillement mon verre de Coca.

 

J’imagine le nombre de filles qui tueraient pour être à ma place !

Je le regarde du coin de l’œil : il observe son groupe et leur donne des instructions pour les concerts à venir.

C’est un véritable leader : ses « hommes » l’écoutent attentivement sans l’interrompre.

 

Je le vois mimer son guitariste et entamer un morceau.

Sa voix est fabuleuse : émouvante, cristalline et d’une pureté rare.

Je me laisse bercer par la mélodie.

 

Quelques minutes se passent.

Constatant mon retrait, il vient à ma rencontre.

 

Très simplement et en prenant soin de ralentir son débit, il m’explique que son attachée de presse lui a parlé de ma demande de rédiger une nouvelle à son sujet, et qu’il souhaiterait en savoir plus.

 

Je lui décris mon concept dans un anglais plus que scolaire : histoires courtes, reflets de tranches de vie féminines.

 

Il semble enthousiaste et curieux à la fois, me demande plus de détails, des exemples et du concret…

 

Cette conversation est surréaliste.

 

Je suis là à parler de ma passion, mes délires et mes fantasmes avec cet homme que je ne connais que par les médias.

Je ne vois pas le temps passer.

L’avion a atterri à 10 heures et depuis je n’ai plus aucune notion du temps.

 

Il est prévu que je passe la journée ici.

L’attachée de presse m’a bien expliqué que je devais être discrète, ne pas perturber le travail du groupe et que mon avion de retour était à 18 heures.

 

Il y a un concert prévu ce soir, mais selon elle c’est une soirée très privée.

Je n’ai donc pas de billet et dois me « contenter » de la journée de préparation.

 

Il regarde sa montre, se tourne vers ses musiciens en marmonnant une sorte de phrase puis me lance « Do you want to eat something ? »

 

Un déjeuner ?

Oui volontiers.

 

Je ne suis pas friande de la cuisine anglaise, mais il faut bien se nourrir.

Le ventre vide et les émotions ne font pas bon ménage.

 

J’enfile ma veste et attends sagement que les musiciens nous rejoignent, mais ils partent à l’opposé de la salle.

Il me fait un signe léger de la tête pour que je le suive.

 

Je n’en crois pas mes yeux !!

Je vais déjeuner, seule avec Lui !

Un tête-à-tête !!

Un vrai !!

 

Les heures qui vont suivre resteront l’un des moments les plus sublimes, fantastiques et magiques de ma vie.

 

Son chauffeur nous attend à l’entrée de la salle dans une berline sombre aux vitres teintées.

Nous passons chercher des hors d’œuvres à emporter dans un resto chic italien, puis nous nous installons dans un parc privé, à l’abri des regards.

 

Nous discutons, écoutons de la musique (il tient à ce que je lui traduise les paroles de Capitaine Flamme !! C’est un grand moment, je vous assure !!)

 

La barrière de la langue n’a plus aucune importance.

Mes paroles sont fluides, bien que bourrées de faute, mais peu importe : nous nous comprenons.

 

L’après-midi se passe, mêlé de rires, de confidences et de souvenirs.

 

Je suis sous le charme, complètement envoûtée.

 

Mon téléphone sonne.

C’est une ligne internationale.

Je reconnais ce numéro pour l’avoir composer plusieurs fois : son attachée de presse.

 

Je décroche, ravie qu’elle vienne aux nouvelles.

Mais à peine ai-je répondu qu’elle m’assaillit d’un flot de paroles.

J’en comprends l’essentiel : elle espère que j’ai eu les infos nécessaires pour mon livre et me dit tout juste de ne pas oublier mon avion dans 1 heure.

 

Dans 1 heure !!!!!

Je regarde immédiatement ma montre : il est 17 heures.

 

Le soleil commence à décliner, l’air se refroidit… et mon cœur se brise.

 

« I have to go »

Je dois y aller, mon avion n’attendra pas.

 

Je me lève, range mes affaires sans mon sac, plie la couverture qu’il avait apportée.

 

Il me suit du regard, il semble ne pas comprendre.

Je lui explique, tout en marchant, que mon avion décolle dans 1 heure et que son chauffeur doit absolument me déposer.

 

Il me prend le bras.

« Do you want to stay with me… just tonight ? »

 

Oui, je veux.

Mais, non, je ne peux pas.

 

Nous grimpons dans la voiture.

J’ai une folle envie de pleurer, mais je ravale mes sanglots et colle mon visage contre la vitre.

La ville défile sous mes yeux, ma journée de rêve se termine et, mon cœur restera à Londres.

 

Je n’ose pas le regarder.

 

J’imagine que tout ceci n’a pas réellement de sens pour lui : sa vie continuera sur sa lancée, et son succès le poussera dans les bras des plus belles femmes.

Je ne souhaite pas être un nom de plus dans son palmarès.

 

Nous sommes à quelques minutes de l’aéroport.

Il n’a pas dit un mot.

 

Je décide de prendre mon courage à deux mains et de le remercier.

Après tout, rien ne l’obligeait à passer tout ce temps avec moi.

Mais quelque chose en moi me dit que si je le regarde, s’il me fixe de ses yeux clairs, je n’aurai pas la force de partir.

 

La voiture s’arrête.

Je suis arrivée à destination.

Dans quelques heures, je retrouverai mon pays, ma ville, ma vie…

 

Je cherche les mots et l’attitude qui conviennent à une telle situation.

Mais je n’ose toujours pas lui faire face.

 

Et puis, contre toute attente, je sens sa main prendre la mienne et la presser doucement.

« Don’t go. Please… »

 

Je ne contrôle plus rien à cet instant.

Les larmes inondent mes yeux.

Il approche sa main et en laisse glisser une sur son doigt.

 

Je relève la tête et ose enfin le regarder.

Ses yeux ont soudain l’air moins bleus…

 

C’est cette image qui restera figée dans mon esprit.

 

Malgré l’avis peu favorable de son chauffeur, il décide de m’accompagner jusqu’à la porte d’embarquement.

Et, comme si cela était une fin en soi, il me remet un petit morceau de papier froissé avec son numéro de portable.

 

 

Une fois dans l’avion, je laisse mon esprit revivre ces instants de conte de fée, en sachant pertinemment que plus jamais je ne les revivrai.

 

Je mets mes écouteurs et m’isole du bruit extérieur.

La mélodie commence : un de ses morceaux tant aimé.

 

« But it’s time to face the truth : I will never be with you. »

 

 

10 commentaires sur “Groupie or not Groupie [C’est l’histoire d’une fille]”

  1. James Blunt ??

    • Poulette Nela

      Ouiiiii

  2. pyrenette

    You’re beautiful. You’re beautiful.
    You’re beautiful, it’s true.
    There must be an angel with a smile on her face,
    When she thought up that I should be with you.
    But it’s time to face the truth,
    I will never be with you.

    YES ! James Blunt!…. haaaaa je craque aussi!

    • Poulette Nela

      Dans ce clip il était à tomber !

  3. La Pom

    Waou, quel histoire ! Le moment dans la voiture ma achevé, mes yeux brilles d’émerveillement et de larmes de joie…
    Très joliment raconté, BRAVO.

    • Poulette Nela

      Merci ma belle !
      Je suis ravie que ça te plaise.
      J’en ai prévu une autre pour vendredi prochain !

  4. Mei-Mei

    James Blunt!
    Il est le fantasme de plusieurs femmes, et je comprends 🙂
    Wouw!
    Ça fait un bail que je n’ai pas écouter son dernier album, j’y vais 😉

    • Poulette Nela

      Je l’aime bien cet album…

  5. Wahou ! James Blunt évidemment ^^. Tu m’as rappelé que moi aussi j’ai écrit des nouvelles il y a quelques années, c’est peut-être le moment de les ressortir.

    • Poulette Nela

      Mais oui, poste-les !
      Et viens me donner le lien que j’aille les lire !

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